Au coin de la fenêtre, sous un ciel brumeux et pluvieux, une jolie jeune fille semble être pensive. Ses cheveux sont blonds comme les blés et son regard émeraude semble perdu dans d'étranges souvenirs. Nostalgique, rêveuse, anxieuse, que se cache-t-il derrière ce visage angélique ?
« En tant que professeur de Français, je me dois de connaitre cette langue sur le bout des doigts : la poésie, le théâtre, les nouvelles... Rien ne doit m'échapper. Une des notions à connaitre par cœur : Le Schéma Narratif. Situation initiale, Élément perturbateur, péripéties, élément de résolution, situation finale. Je me suis souvent demandée si en ayant fait d'autres choix, j'aurais été quelqu'un d'autre. Levé de rideau. » Situation initiale :Un trait de caractère qui me définit parfaitement : j'aime arriver lorsqu'on ne s'y attend pas. Ce fut la même chose lors de ma venue au monde. J'étais censée naitre un 19 décembre mais ayant l'esprit de contradiction, j'ouvris pour la première fois mes yeux vers cette vaste terre inconnu un 28 décembre à Paris.
Mes parents étaient les plus heureux, cela semble inutile de le préciser. Ma mère, brillante avocate de renom avait l'impression d'être aux anges, allongée sur un nuage qui l'a berçait doucement. Mon père quand à lui, grand chirurgien dans la domaine de la neuro-cardiologie, me vit immédiatement comme une source de fierté, prêt à parier que je deviendrai quelqu'un.
Le primaire, le collège, je n'eus pas de problème à m'intégrer, étant toujours la meilleure. Mes parents prenaient un malin plaisir à m'inscrire dans de grandes écoles dites «privées» et il m'était donc difficile de pouvoir avoir des amis sans devoir les quitter deux mois plus tard. Mon point fort était très certainement le fait d'être pratiquement bilingue. Ma mère était une Américaine et avait rencontré mon père lors d'un voyage en France. Une belle histoire d'amour avait donc débuté par la suite et mon père avait déménagé à Paris, étant lui aussi tombée amoureux de la Tour Eiffel, des Champs Élysée et du célèbre quartier Montmartre.
Oui, j'étais très souvent la meilleure de la classe, j'avais -la plus part du temps- tout ce dont je désirais étant donné que mes parents avaient largement les moyens d'assouvir mes désirs mais étrangement, ma vie était loin d'être idéale. Je voyais très peu mes parents, ils étaient tout le temps par mon et par vos et il m'était donc impossible de venter mes exploits. Il m'arrivait parfois de manger seule et d'aller me coucher, hantée par cette peur du méchant loup-garou qui était caché sous mon lit. Jamais de baiser, jamais d'histoire au couché, jamais de jeux en famille. Rien. J'avais beau leurs en parler, il leur était difficile de m'accorder du temps, pour mon plus grand malheur.
Lorsque j'eus quatorze-ans, mes parents m'annoncèrent qu'ils avaient décidé de déménager à Arrowsic. Ce fut pour moi un véritable déchirement de dire au-revoir à cette ville que j'avais tant aimé. Tous mes repères, mes souvenirs, mes amis... Tout ça allait manifestement partir en fumé. Seulement, j'étais obligée de partir avec eux, sous peine d'être à la rue à même pas quinze-ans.
Au tout début, cette petite ville n'eus pas grand succès à mes yeux jusqu'à ce que je retourne sur les bancs de l'école...
Élément perturbateur:Mes talents en Français furent rapidement remarqués par le professeur en question qui me demanda un petit service. Donner quelques leçons à un certain Claes Majken qui apparemment n'était pas déterminé à suivre les cours. Mr Drogman me certifia que cela pourrait être une bonne manière de me faire des amis. Je ne pouvais pas refuser, c'est alors qu'à la fin du cours, je me dirigeai vers ce jeune homme afin de lui proposer mon aide.
« Euh, salut. Le prof de français m'a dit que t'avais besoin d'aide en cours. » « Non, j'ai pas besoin de toi. T'as du te tromper, j'suis pas le seul mec de la classe. » « Hin, vraiment ? C'est pas toi Claes Majken ? » « Putain. Bon eh bien je pense pas avoir le choix. » « Okai, si tu veux, tu m'accompagnes demain jusqu'à chez moi, je te donnerai ta leçon. »Et c'est là que tout commença. Il est vrai que je n'aurais jamais imaginer tomber amoureuse de ce genre de garçon. Au tout début, nous fûmes de très bons amis, d'ailleurs, il fut étonné par mon sens de la répartie. Inutile de préciser que son regard bleu azur me faisait frissonner et que son sourire me donnait le vertige mais tant bien que mal, j'arrivais à dissimuler ces sensations étranges qui s'étaient emparées de mon corps, de mon esprit et peut-être même de mon coeur. Seulement, j'avais avant tout une mission et il me semblait nécessaire de l'accomplir, j'agissais en tant que professeur et ensuite, je m'en allais. Jusqu'au jour où une soirée eut raison de moi.
Péripéties :Ce soir là, j'étais censée diner en famille. C'était très important pour moi et c'était en quelque sorte un moyen de me rapprocher un peu plus de mes parents. Mais, Claes eut la bonne idée de m'inviter à une fête chez son meilleur ami, Gabriel. Quelque part il aurait mieux fallut que je refuse mais j'avais envie de m'amuser moi aussi et de profiter de ma jeunesse. Ce ne fut pas très difficile de négocier avec mes parents vu qu'ils optèrent pour une diner chez leurs amis.
La soirée fut vraiment géniale et je pris gout à l'art de me déhancher sur un rythme endiabler. Pour une fois, j'avais l'impression d'être vraiment maitre de mes actes et d'avoir toute la nuit devant moi.
Par la suite, nous nous installâmes dans ma chambre et lentement, je sentais une certaine chaleur envahir mon corps. Claes était bon séducteur et j'avais donc décidé de passer à l'acte pour la première fois, avec lui. Je connaissais sa réputation, j'avais pris conscience de ce que cela engendrerait et quelque part, cela me faisait peur. J'imaginais toute sorte de chose et cela me torturait l'esprit. Seulement, les caresses et les baisers de Claes eurent raison de moi. Il avait le don de m'hypnotiser et chacun de ses mots semblaient m'entrainer peu à peu dans ses bras.
« Ne t'inquiètes pas, je te ferais pas de mal, je te le promets. »Cette nuit fut magique et Claes sut me satisfaire à la perfection. Malheureusement, j'avais sous-estimé les conséquences de cet acte. De son point de vue, rien n'avait changé. Par contre, dans mon coeur c'était une tout autre histoire. J'avais l'impression que des papillons volaient dans mon ventre au moindre de ses regards. Je me rendis compte que j'étais amoureuse de lui. Il avait beau être un coureur de jupon, tout chez lui me plaisait, je semblais attirée vers les Bad Boys. Essayant de l'éviter, il m'était bien trop dur de garder ce secret plus longtemps qui me dévorait de l'intérieur. Je lui avais donc tout avouer mais il ne semblait pas prêt à s'engager alors, en ultime recours, je lui avais demandé de me rejoindre sous la véranda s'il voulait de moi.
Les minutes semblaient être des heures mais lorsque je le vis arriver, je n'arrivais plus à sentir mes jambes. Ses lèvres vinrent donc à nouveau caresser les miennes. Il était mien, j'en étais certaine désormais.
Malheureusement, trois mois plus tard, Claes succomba à la gente féminine, étant un Dom Juan dans l'âme. Par la suite, je le perdis de vue puisque nos chemins respectifs se séparèrent au fil des semaines.
Il y a environ un an de cela, je revis à nouveau le meilleur ami de Claes, Gabriel. Lorsque j'étais adolescente, il ne me plaisait vraiment pas, il n'était pas mon genre pour être honnête. Mais, je pus trouver en lui de nombreuses qualités. Amour, fiançailles, tout semblait parfait avant que j'apprenne que Gaby consommait des substances plutôt illicites. Depourvu de solution, petit à petit, mon fiancé semblait devenir dépendant de cette drogue qui le tuait à petit feu. En dernier recours, je pris donc la décision d'allée voir Claes. Ce fut une décision très difficile puisque je ne l'avais pas revu très longtemps et j'appréhendais le moment où il ouvrirait la porte...
Élément de résolution :J'avais raison. Lorsqu'il ouvrit la porte de son appartement, je fus comme électrisée. J'aimais Gaby mais Claes était le genre de personne que l'on ne pouvait pas oublier. Claes c'était la passion, la sensualité, l'envoutement. Malheureusement, je dus revenir à la raison lorsque je sentis inconsciemment des larmes couler le long de mes joues. Il avait changé et moi aussi.
Je tentais donc de lui expliquer la situation en gardant mon calme et il sut trouver les mots qu'il faut afin de me réconforter.
Si je ne l'avais pas revue depuis un moment c'était pour une bonne raison, je savais que j'allais céder à la tentation. J'avais envie de Claes et je ne mis pas longtemps à le lui prouver puisque la nuit fut à nous à nouveau, laissant nos moindres désirs s'échapper. Je m'en voulais mais d'un autre point de vue, je me sentais réellement «moi» lorsque j'étais avec lui. En rentrant chez moi, je fis comme si rien ne c'était passé seulement mon erreur me rattrapa rapidement...
Situation finale :Il y a deux mois de cela environ, des nausées matinales bouleversèrent mon quotidien. Il semblait impossible que je sois enceinte puisque cela faisait un petit moment que Gaby et moi n'avions pas eut de relations intimes. Soudain, le souvenir de cette nuit avec Claes me poussa à acheter un test de grossesse. A mon grand désespoir, celui-ci fut positif. J'étais pratiquement certaine que l'enfant que je portais était celui ce Claes, c'était presque logique. Depuis, j'essaye de ne pas y penser même si je songe à le lui dire. Dois-je lui annoncer au risque de faire échouer mon mariage ? Dois-je avorter afin que tout soit effacé ? Dans tous les cas, ce bébé serait un mensonge, il est donc peut-être temps que je l'annonce au père de cet enfant ...